(Troisième Partie)

Comme la plupart des Forêts Classées, Ziama fut créée dans les années 1940-50. Déjà à l'époque, pour les soustraire durablement à la voracité des défrichements agricoles en pleine expansion.

Mais le classement seul ne suffit pas à protéger. C'est ainsi qu'au début des années 70, le Centre Forestier de Sérédou fut créé avec l'aide de la FAO, ainsi qu'un Centre de Formation en gestion et génie forestier. Une protection efficace des FC nécessite l'indispensable  présence d'un gestionnaire attitré (Leçon N° 1).

Après le départ de la FAO, le Centre Forestier de Sérédou  laissé sans ressources financières, a vu ses capacités à gérer la FC se réduire à néant (Leçon N° 2).

Les années 80 furent dès lors, surtout marquées par une recrudescence croissante des défrichements agricoles à l'intérieur de la FC. Ils devinrent si inquiétants, qu'en 1990 ils suscitèrent un sursaut national et international, concrétisé dans le lancement du PROGERFOR (Projet de Gestion des Ressources Forestières). La carte thématique de la végétation de Ziama en 1990, représente très exactement la situation qui a motivé l'aide de la KfW (Coopération Financière Allemande) à travers le PROGERFOR.

 Les actions de protection et de restauration entamées par le PROGERFOR et  poursuivies dans les années 90 avec le PGRR (Projet de Gestion des Ressources Rurales) ont largement contribué à restaurer partout où cela était nécessaire l'intégrité de la FC Ziama, à l'exception du cas de Balassou II (carte de 2003).

Ce motif de satisfaction est cependant à mitiger. En cause, l'extrême déforestation qui s'est opérée dans toutes les zones riveraines et dans les enclaves pendant cette période 1990-2003. Un peu comme si la pression exercée avant sur les forêts de la FC, s'était intégralement reportée sur les zones riveraines et les enclaves, s'additionnant ainsi à celles déjà présentes antérieurement.

Le PGRR, comme son titre l'indique, s'était certes clairement fixé pour objectif d'élargir ses préoccupations à celles des collectivités rurales en les intégrant à celles strictement sylvicoles du PROGERFOR.

Un volet "Mesures Riveraines" fut ainsi créé avec son budget, son équipe et son programme spécifique. Des actions furent menées (sensibilisation, constitution et appui de groupements, ...) et des réalisations furent faites en faveur des communautés (écoles, aide à la porciculture, savonnerie, etc.…), Des droits d'usages furent même accordés en FC (aménagement de bas fond, récolte de rotins, etc.…), mais on ne s'attaqua pas vraiment à l'essentiel : la promotion d'une agriculture stable, durable et rentable (Leçon N°3).

L'arrivé en 2005 du PGRF (Projet de Gestion des Ressources Forestières), n'y change rien, bien au contraire ! Les questions de gestion des ressources ligneuses et non ligneuses de la FC, occupèrent toujours les devants de la scène, éclipsant  à nouveau l'essentiel : la promotion d'une agriculture stable, durable et rentable. Certes, tous ces programmes représentaient chacun, autant d'activités développées au bénéfice des riverains, mais dans quel but ?

L'idée maitresse, sous jacente à ces Mesures Riveraines était d'abord : "d'améliorer la perception du projet par les populations". Espérant par là, "gagner leur adhésion au respect de la FC". En clair : "on vous aide, on vous appuie et vous respecter la Forêt". Les populations semblèrent accepter ce deal. Mais avaient elles vraiment un autre choix ?

Après le départ de la KfW en 2008, le CFZ se retrouve à nouveau sans moyens financiers et perd ses capacités à gérer les FC. Surtout, il perd le contrôle des populations. Celles-ci n'étant plus soutenues, se libèrent de leurs engagements et profitent des faiblesses du CFZ pour pénétrer dans la FC Ziama. Au vu de la carte de 2019, il semble que leur présence à l'intérieur de Ziama est aujourd'hui massive.

Dans la 4ème Partie, nous découvrirons à travers de nouvelles cartes thématiques, comment la FC Diécké et ses zones riveraines semblent avoir, l'une et l'autre, bien mieux "résisté" au temps. Surtout nous essayerons de comprendre pourquoi ? Et d'en tirer de nouvelles et précieuses leçons à retenir.

FORET FORTE prend ses responsabilités pour la préservation de la forêt de Ziama et de Diécké.

Nos ancêtres nous ont laissé la forêt. Il est de notre devoir de la préserver pour les futures générations

 Celui qui veut combattre efficacement la destruction des forêts doit d'abord connaître les causes.

Qui ou qu’est ce qui détruit la forêt? Est-ce la production industrielle de bois destinée à marche locale ou l'export?

La vérité est toute autre. En fait, seule une petite quantité du bois coupé dans les forêts est utilisée par l’industrie. Dans les forêts européennes, on abat cinq fois plus de bois d'industrie. Rien qu'en Suède on produit plus de bois d'industrie que  dans  l'ensemble  des  forêts  Africaines  –  bien  que  ces  dernières  soient  au  moins quinze fois plus grandes.

Il a besoin du gouvernement, qui applique une politique forestière stricte et empêche l'exploitation forestière illégale et le brûlage illégal

Deux points de vue opposes s'affrontent,pourquoi ?  lequel choisir et defendre ?

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S'agissant de l'exploitation (ou non) dans les Forêts Classées deZiama et Diécké, l'argumentation desplaidoyers tel que ceux défendus par la Société Civile Préfectorale de NZE ou l'ONG "Touche Pas à Ma Forêt" et d'autres, se sont d'emblée focalisés et limités  à l'existence de Forêt Forte (FF) et à sa Convention.