Deux points de vue opposes s'affrontent,pourquoi ?  lequel choisir et defendre ?

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S'agissant de l'exploitation (ou non) dans les Forêts Classées deZiama et Diécké, l'argumentation desplaidoyers tel que ceux défendus par la Société Civile Préfectorale de NZE ou l'ONG "Touche Pas à Ma Forêt" et d'autres, se sont d'emblée focalisés et limités  à l'existence de Forêt Forte (FF) et à sa Convention.

Ces approches étroites d'un sujet bien plus vaste et plus noble constituent une erreur, laquelle ne peut qu'être préjudiciable au reste des démarches suivies. Ellesrisquent dejeter undoute quant à la validité des conclusions. C'est ce que nous voulons éclairer ici pour le bien de tous

Si l'exploitation dans les FC de Ziama et Diécké constitue bel et bien et fort logiquement l'objet d’une Convention, il est totalement illogique de vouloir ramener tout le débat sur Forêt Forte et sa Convention. Ceci, sans évoquer tout au moins et préalablement, les Vrais Acteurs et les Raisons Premièresqui ont conduit à la conception d'un projet d'exploitation industrielle dans les FC Ziama et Diécké.

De fait, le projet de départ est l'œuvre du Centre Forestier de N'Zérékoré(CFZ), Gestionnaire attitré des FC Ziama et Diéckéet de la KfW(Organisme de la Coopération Financière Allemande) venu en appui du Gouvernement Guinéen dés 1990 (PROGERFOR) pour l'assister dans le sauvetage des FC Ziama et Diécké, déjà alors agressées et jugées menacées.

Parvenus après plus de 10 années d'efforts (PROGERFOR et PGRR) à récupérer les FC Ziama et Diécké, à les restaurer et à en rétablir l'intégrité, le CFZ et la KfW s'interrogent dès l'année 1999 et les suivantes, sur les voies et moyens financiers d'assurer la pérennité du CFZ et de ses actions, dans le but ultime d'asseoir définitivement la préservation des FC Ziama et Diécké. Actions qui se devaient d'être progressivement élargies à l'ensemble des FC de la Guinée Forestière, elles aussi très sérieusement agressées.

Après analyse, il apparaît nettement dés 2000 que l'exploitation industrielle sur une partie des FC Ziama et Diécké, se distingue comme le meilleur moyen d'y parvenir. Diverses études sont alors entreprises pour en vérifier la faisabilité technique, l'adéquation financière et la compatibilité avec le statut et les objectifs assignés aux FC, dont celui de Réserve de la Biosphère pour Ziama (*).

Les résultats s'avérant probants, des dossiers sont élaborés dés 2001 pour finaliser le "montage" du projet d'exploitationindustrielle.Il est alors clairement défini, déjà à ce stade : que le Maître d'Œuvre exclusif de cette exploitation industrielle sera le CFZ (donc en charge de la planification, de la mise en œuvre et du contrôle), mais que l'exécution des coupes proprement dites sera confiée à un partenaire privé, (exploitant industriel agissant sous contrat avec le CFZ).

Ce à quoi, le CFZ/KfW et le Gouvernement ont ajouté deux exigences : d'une part respecter les règles d'une exploitation durable et certifiée et d'autre part, investir dans des unités industrielles capables de transformer sur place 100 % des bois exploités, créant ainsi des centaines d'emplois locaux.

C'est ainsi que la COUJY Corporation fut choisie pour son engagement à respecter toutes ces clauses. Dispositions concrétisées dans la Convention signée le 05/04/2002.

Chacun l'aura bien compris, le contexte et la justification du projet d'exploitation ne sont au départ ni liés à FF, ni même son œuvre. Les tenants et aboutissants en sont bien plus nobles et plus élevés que la création et l'existence de FF en 2002 ou aujourd'hui sa fermeture que certains réclament.

Aussi, nous affirmons clairement que vouloir continuer à restreindre le débat à ce niveau (FF et sa Convention) est non seulement une ineptie, mais constitue une grave erreur, inexcusable. D'autant plus qu'après 15 années de tergiversations stériles et inutiles autour de ce projet d'exploitation, les conséquences pour la Guinée Forestière et ses forêts en sont aujourd'hui évidentes et surtout inquiétantes pour le futur et les générations à venir.Des preuves scientifiques irréfutables existent

Après l'arrêt en 2008 du financement KfW, le CFZ s'est affaibli faute de nouvelles ressources financières extérieures suffisantes (à défaut de celles tirées d'une exploitation industrielle toujours repoussée). Il a ainsi rapidement perdu ses potentialités dans l'accomplissement de ses 3 missions : la protection, la restauration et celle primordiale d'appui au développement rural durable dans les communautés riveraines.

Les riverains frustrés se sont libérés de leur engagement (appui au développement contre respect de l'intégrité des FC),lequel a immédiatement "volé en éclat". Les populations sont donc à nouveau rentrées dans toutes les FC de Guinée Forestière, il est vrai, moins bien surveillée, mais là n'est pas la raison première. Et les renforcements des dernières années (militarisation et augmentation des effectifs) n'y ont rien changé,

Aujourd'hui, après plus de10 ans (2008-2019), on nous dit (sources Services Forestiers) que les FC : Mnt Béro, MntYonon, Déré et Bonama, sont quasiment détruites et celles de Ziama et Diécké sont l'objet de nombreuses agressions et ressembleraient de plus en plus à "des peaux de léopards".

Une autre conséquence se profile pour FF. Conventionnée en 2002 pour créer à très long terme des emplois locaux et de la richesse pour la région et le pays à partir d'une exploitation industrielle durable dans les FC de Ziama et Diécké, FF est réduite à une exploitation hors FC sans avenir et n'a pas autre sort à espérer, qu'une fermetureà très court terme.

Au vu de tout cela, et s'agissant de la mise en œuvre d'une exploitation industrielle dans les FC de Ziama et de Diécké, il importe de faire maintenant le choix entre deux thèmes à débattre pour deux plaidoyers totalement différents qui sont :

  1. suppression de la Conventionet fermeture de FORET FORTE pour sauver les FC (Plaidoyer : ONG, Touche pas à ma forêt et Société Civile Préfectorale de NZE)
  2. exploitation industrielle comme moyen de sauvetage des FC et de développement en Guinée Forestière.(Plaidoyer : CFZ et FF depuis 2004)

Comment expliquercesdeux points de vue aussi différents pour un même sujet : "mise en oeuvre d'une exploitation Industrielle dans les Forêts de Ziama et Diécké" ?  En fait c'est très simple. C'est comme  regarder la même scène à travers un entonnoir. Si l'on regarde par le gros bout plus ouvertle champ de vision est rétrécit et comme focalisé, alors qu'en regardant par le petit boutrétréci, le champ de vision s'élargi et embrasse toute la scène, révélant la problématique dans sa globalité.

Pour bien comprendre et faire le bon choix, il importe donc que chacun considère objectivement le problème d'une seule et mêmemanière appropriée.

Au terme de cette lecture nous posons donc à tout un chacun la question à répondre honnêtement en âme et conscience:de ces deux approches, laquelle vous paraît appropriée ? Et au final :

De quel thème doit-on encore débattre et pour quel plaidoyer êtes- vous prêt, à vous mobiliser ?

  • suppression pure et simple de l'exploitation industrielle et rejet d'une Convention qui conduit FORET FORTE à sa fermeture, le tout en dépit des conséquences connues pour les FC, déjà survenues et encore à venir ? ou,
  • mise en œuvre de l'exploitation industrielle comme moyen de sauvetage des FC et de développement économique et social dans les zones riveraines (*) et en Guinée Forestière.

 

Pour qu'enfin sans arrière-pensée et émotion négative, nous puissions ensemble sauver les FC et booster le développement des communautés riveraines

(*) Contrairement à l'idée erronée trop souvent admise par certain, la Réserve de la Biosphère ne se limite pas à la Forêt Classée, mais inclue intégralement les zones riveraines de cette dernière. Les zones riveraines constituent la Zone de Transition ou des activités de développement durables sont souhaitables (comme des cultures stables et rentables,versus palmier à huile et hévéa avec SOGUIPAH, mais bien d'autres activités encore)

Les Réserves de la Biosphère ont pour objectif de dépasser la notion de zone de conservation restreinte. Ainsi elles permettent de développer des approches novatrices de développement durable associant des entreprises locales et les communautés riveraines qui doivent bénéficier socialement et économiquement de ce développement durable. Pour ce faire les Réserves de la Biosphère combinent une zone centrale protégée et deux  zones périphériques tampon et de transition ou des activités humaines de développement durables parfaitement réglementées sont admises.(définition UNESCO)